Depuis juin 2026, les règles du jeu ont changé pour quiconque envisage d’installer des panneaux solaires chez soi. Entre la suppression de la prime à l’autoconsommation, la TVA réduite à 5,5 % et un prix de l’électricité qui reste structurellement élevé, le dossier mérite d’être remis à plat. L’investissement reste pertinent, mais la logique économique a évolué.
Un tournant réglementaire en deux temps
Deux changements majeurs se sont enchaînés en moins d’un an. D’abord, depuis le 1er octobre 2025, la TVA sur l’achat et la pose d’une installation photovoltaïque en autoconsommation jusqu’à 9 kWc est passée à 5,5 % pour tous (contre 10 % auparavant pour les petites puissances, et 20 % au-delà). Une économie concrète sur le ticket d’entrée, cumulable avec MaPrimeRénov’ sous conditions de ressources.
Ensuite, l’arrêté du 1er juin 2026, publié au Journal officiel le 4 juin, a supprimé la prime à l’autoconsommation pour toutes les demandes de raccordement déposées à compter du 5 juin. Les contrats signés avant cette date restent maintenus. Pour les nouvelles installations, le modèle repose désormais sur l’autoconsommation et la vente du surplus au réseau, à un tarif unifié de 1,1 centime d’euro par kWh, garanti vingt ans avec une indexation annuelle de +2 %.
Conséquence directe : l’intérêt d’un projet solaire résidentiel repose aujourd’hui quasi exclusivement sur l’électricité que l’on consomme soi-même. C’est là qu’intervient le conseil d’un spécialiste des solutions photovoltaïques, capable de dimensionner l’installation en fonction du profil de consommation réel du foyer, et non selon une logique de revente maximale.
Pourquoi l’autoconsommation reste un bon calcul ?
Le prix moyen du kilowattheure au tarif réglementé s’établit à 0,1940 € en 2026. Chaque kWh produit par ses panneaux et consommé directement représente donc une économie réelle sur la facture, sans intermédiaire. Sur vingt-cinq à trente ans de durée de vie des panneaux, cet effet de substitution pèse lourd, d’autant que la facture d’électricité reste structurellement plus haute qu’avant 2021 malgré la sortie progressive du bouclier tarifaire. Au 1ᵉʳ février 2026, l’accise sur l’électricité a été relevée à 30,85 €/MWh, après plusieurs ajustements successifs depuis 2025.
Le surplus non consommé, lui, peut être vendu au réseau. Le tarif de rachat est modeste, mais il s’additionne sur vingt ans avec une indexation garantie. L’enjeu, c’est donc de bien calibrer la puissance installée pour maximiser l’autoconsommation plutôt que de produire en excès une énergie revendue à prix plancher.
Bien préparer son projet
Avant de se lancer, quelques points méritent attention. MaPrimeRénov’ reste accessible aux propriétaires occupants d’un logement de plus de quinze ans, sous conditions de ressources, et peut se cumuler avec la TVA réduite. La vente en totalité de la production n’est plus possible pour les installations résidentielles de moins de 9 kWc depuis mars 2025 : seule l’autoconsommation avec revente du surplus est autorisée.
Côté chiffres de rentabilité, mieux vaut éviter les estimations génériques : l’ensoleillement, l’orientation du toit, la puissance retenue et les habitudes de consommation font varier les résultats de façon significative d’un foyer à l’autre. Une simulation personnalisée par un professionnel reste le point de départ le plus fiable.
La réforme de juin 2026 ne sonne pas le glas du solaire résidentiel. Elle demande simplement d’aborder le projet différemment, en partant de ses propres besoins plutôt que d’une promesse de revente. Un changement de perspective qui, au fond, pousse à des installations mieux ajustées et donc plus efficaces.
